Nous vous présentons un morceau de vie de Mélanie, accompagnée dans son parcours en apprentissage par le dispositif Activ’Alternance.
Histoire du candidat et sa situation de handicap
Mélanie a 46 ans. Elle a travaillé au préalable comme employée à domicile pendant 10 ans, puis conseillère clientèle durant 4 ans. Elle a été en inactivité pendant 3 ans.
Mélanie a travaillé un nouveau projet professionnel, de reconversion, dans le cadre d’une action de formation financée par l’AGEFIPH. Elle a intégré une formation qualifiante (Titre Professionnel) d’Employé Administratif et d’Accueil en 2023 avec un mois de stage, durant lequel son entreprise d’accueil était ravie de son investissement et de son travail.
L’ensemble de ces éléments conforte Mélanie dans le choix de son orientation professionnelle et elle a conscience qu’un niveau supérieur (Bac / Bac +2) lui sera nécessaire pour retrouver un emploi pérenne plus rapidement. Elle choisit alors de poursuivre son parcours par le biais de l’alternance pour développer son expertise en milieu professionnel.
Mélanie est une candidate mature, discrète et à l’écoute. Ponctuelle et enthousiaste, c’est une collaboratrice sur qui on peut compter. Il faut toutefois être vigilant sur sa fatigabilité, et son perfectionnisme (ne sachant pas dire non, elle peut se laisser déborder).
En 2017, une maladie portant atteinte à ses facultés motrices des membres supérieures (lever des bras au niveau des épaules) et inférieures (limitation du périmètre de marche) se déclare, et génère une grande fatigabilité et des douleurs continues. De plus, elle souffre d’une pathologie invalidante nécessitant un traitement quotidien, qui limite ses efforts.
Elle aura besoin d’aménagement ergonomique (siège et souris ergonomiques, matériel informatique adapté…), voire peut-être d’aménagement organisationnel avec l’entreprise et le centre de formation fonction de la fatigabilité de Mélanie et de l’organisation des structures.
Face à sa difficulté de trouver une entreprise et son manque d’assurance, Mélanie montre un besoin d’être accompagnée dans ses démarches. Elle est très motivée à réussir pleinement sa reconversion. C’est dans ce cadre que sa conseillère France Travail l’oriente vers le dispositif Activ’Alternance.
Accompagnement Activ’Alternance
Suite à son inactivité, il semble nécessaire de travailler les éléments de candidatures (lettre de motivation, entretiens individuels…) et l’accompagner dans sa recherche d’entreprises et d’un CFA adapté.
Sa conseillère Activ’Alternance la positionne sur un forum inversé et la coache pour une présentation optimale. Elle y rencontre un établissement public, qui recherche une secrétaire en apprentissage.
Ils apprécient sa candidature et la motivation dont elle fait preuve, mais ils notent quelques difficultés de compréhension et de réactivité dans ses réponses aux questions. Pour sécuriser le recrutement, nous mettons en place une PMSMP (Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel) de 3 semaines, dans un premier temps à temps partiel puis à temps plein. Au passage à temps plein, Mélanie chute dans les escaliers : c’est un accident du travail. Après quelques jours d’arrêt de travail, elle reprend sa PMSMP.
Le bilan de ce stage est très positif : Mélanie fait preuve de compétences et motivation notables. Elle s’est très bien intégrée au sein de l’équipe, et montre une grande volonté d’intégrer la structure. Mais sa tutrice la sentit fatiguée, elle a peur que le physique ne suive pas durant le contrat d’apprentissage. En effet, il est possible que la chute de Mélanie résulte de sa fatigue mentale et physique d’avoir repris une activité professionnelle et d’être passée à temps plein.
Sa conseillère étudie alors de manière conjointe avec le CFA et l’employeur, la faisabilité de passer le contrat d’apprentissage à temps partiel et de le lisser sur une durée plus longue.
Le CFA est un centre de rééducation professionnelle, spécialisé dans l’accueil en formation de publics en situation de handicap : moduler la pédagogie pour compenser le handicap fait par conséquent partie de leur ADN.
Mélanie est de prime abord dans le déni de ses difficultés. Mais finalement elle accepte le contrat d’apprentissage de 28h/semaine, sur 1 an ½. Le mercredi sera une journée de repos pour faire une coupure dans la semaine de travail. Ce planning semble adapté aux 3 parties.
Après quelques semaines de travail, Mélanie se rend bien compte que le temps partiel était plus que nécessaire, elle « s’amuse » de son déni passé. L’employeur est également souple sur les horaires (changement du jour de coupure possible, possibilité de partir plus tôt pour un RDV médical ou chez le kiné, etc).
Mélanie et sa tutrice sont ravies. Mélanie est à l’aise, volontaire, elle a pris toute sa place au sein de l’entreprise.
#Rétablissement
#ApprentissageàTempsPartiel